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François Cabrit
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![]() Giverny - 2008 techniques mixtes sur toile 195 x 243 cm |
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Objet de contemplation pure, dépouillée de toute allusion à la légende, au pittoresque et à l'anecdote, tourné exclusivement vers la simple captation de ce qui, dans le flux mouvant et sans cesse renouvelé des apparences,est capable, durant un moment de grâce, de satisfaire notre regard, voilà l'originalité de ce qu'est aujourd'hui la peinture de François Cabrit. Elle ne s'assigne d'autre but que de saisir l'aspect fugitif des phénomènes que n'importe qui peut découvrir autour de lui : avec elle, le paysage est d'abord l'image d'une situation, d'un moment presque intime pris sur le vif, la traduction intuitive d'un ici et d'un maintenant, l'expression tacite d'un contentement au travers d'une unité perceptive (le paysage de François Cabrit se satisfait de n'être la représentation que d'une minuscule partie du monde et s'offre comme tel au regard). Avec sa vue volontairement limité où l'insignifiant (humidité plus ou moins forte de l'atmosphère, formes accidentelles des nuages, rafales de vent, raies ou trouées de lumière, etc...) fait jeu égal avec le détail signifiant (telle église, tels édifices, tels champs cultivés, tels cours d'eau, etc...), le panorama de la peinture de François Cabrit fait allusion à la multitude illimitée des apparences sous lesquelles une infime partie du monde sensible a pu se manifester. Plastiquement, cette modification fondamentale dans la perception de la nature se traduit par une élévation de la ligne d'horizon correspondant à un point de vue à hauteur d'homme; le ciel n'occupe plus que le tiers du tableau (c'est celà cet espace qui signale le véritable attachement du peintre à la nature telle qu'elle est...) et, par une évolution substancielle de la composition : la représentation du ciel, illimité par nature, va suggérer que l'espace se referme globalement de manière circulaire (les artifices de composition qui guident et canalisent le regard vers le centre du tableau où se déploie la profondeur de champ, tel que bosquets d'arbres ou buttes, sont soigneusement décriptés). Le champ visuel couvert par le paysage ne prétend plus tout contenir, c'est désormais un espace ouvert donc fondamentalement inachevé et incomplet. Esthétiquement, la scène offerte au regard demande une appréhension globale qui s'effectue d'un seul coup : c'est l'unité perceptive, préférée à l'unité "conceptuelle" du paysage du monde (où la représentation de la nature est une accumulation irrationelle de phénomènes reconnus et reconnaissables) |
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| Repères biographiques | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Intellectuellement, la rupture avec les prétentions démiurgiques, l'impulsion cosmogonique, les inclinations au tragique, au tourment mélancolique des paysages est consommée : les paysages de François Cabrit suggèrent avec obstination un monde qui est celui de la retenue et de l'humilité. En revanche, le paysage, chez lui, ne se démarque pas du paysage du monde, il en est le prolongement : par le perfectionnement de la perspective aérienne frontale d'abord, où la valeur prend le pas sur la tonalité, mais aussi par le détournement des techniques complexes de composition existantes au service d'une image dépouillée (le paysage de François Cabrit n'est "réaliste" que pour autant que l'on considère les motifs séparemment). L'audace que représente l'apparente saisie du moment naturel ne doit pas faire oublier le caractère élaboré de cette peinture, iln'y a pas perception immédiate d'un paysage mais re-création de celui-ci, à partir d'une observation scrupuleuse et quelque peu obsédante. Peignant, autant que faire se peut en plein air,s ur le motif, en présence du modèle, le paysage de François Cabrit peut prétendre à être une image fidèle d'un présent perçu et vécu, unique et non reproductible. La familiarité de chacun de ces paysages est le produit d'une habile synthèse, là où est le paysage du monde. M. Morel |
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