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Luciano Figueiredo
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Sans titre
2005 - Acrylique sur toile et bois 100 x 130 cm |
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Dans tout ce que j'ai créé depuis mes années d'apprentissage (1964-1967), j'ai cherché à me laisser imprégner par les différents arts que j'apprécie : la peinture, le dessin, la poésie, le cinéma et le graphisme. Je peux donc définir mon œuvre picturale comme la résultante de l'esprit expérimental qui souffle sur l'art brésilien depuis plusieurs décennies.
Les œuvres que j'ai exécutées depuis 1975 à partir de pages de journal ont constitué l’axe central de mon exploration des diverses manières de traiter les problèmes de couleur et d'espace auxquels le peintre se heurte dans sa pratique. Avec sa géométrie particulière, la couleur de son graphisme, l’ordre et le mouvement de ses masses, la page imprimée possède une réalité propre, différente de celle dont relèvent les nouvelles du monde qu’elle offre à notre lecture. Pendant de nombreuses années j'ai effectué des collages et des peintures à partir de pages imprimées, et j’ai été constamment fasciné par les effets d'ombre et de lumière produits par l'immense variété des noirs, des gris et autres couleurs utilisés en imprimerie : tourner les pages de journaux, plier et déplier les feuilles chargées d’encre, ces gestes quotidiens étaient pour moi une source de sensations très proches de celles que l’on peut éprouver en regardant un film. En ce sens, la manipulation des pages imprimées était et continue d’être pour moi une expérience sensorielle allant bien au-delà de la création graphique. C’est surtout à partir de 1994 que je réalisai l’importance de la page de journal comme champ d’expérience ; j’avais à cette époque commencé une série de pièces en trois dimensions que j'intitulais Reliefs, construits à partir d’épais volumes de pages de journal peintes. Ces pièces monochromes m’occupèrent quelques années, puis je revins à la planéité du tableau et produisit une série de peintures qui toutes présentaient une superposition de couches transparentes aux tons variés associée à des collages à base de pages de journal. Depuis trois ans j'ai réduit autant que possible cette présence du collage dans mes peintures, ceci afin que la page imprimée apparaisse moins comme un objet du réel incorporé au tableau que comme une irruption de l’imaginaire dans les modulations chromatiques de la composition. Luciano Figueiredo |
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