Galerie
Florence Gillet

Douze Marennes Oléron
huile sur bois
chacune 22 x 16 cm

En combinant les ressources formelles de la peinture, de l’estampe et de la photo, Florence Gillet interroge le paysage et les éléments puisés dans la nature. Le thème de l’huître explore à travers un thème et ses variations, les paradoxes de la ligne et de la couleur, des concrétions et de la nacre : rugueux et lisse, dur et mou, mat et brillant.

Les huîtres sont peintes sur de petits panneaux de bois (formats 22x16 ou 24x16 cm) légèrement plus grandes que nature ; les fonds traités en aplats dessinent les formes ; d’un panneau à l’autre, leur intensité lumineuse varie ; chaque série est définie par sa couleur de fond, chaque individu par l’intensité lumineuse du fond qui découpe sa silhouette et révèle les gris, les verts, les ocres et les blancs aux accents de garance, de violet et de bleu, aux traces de noir, d’orange et d’or. L’huître est représentée de manière inattendue, verticale, dressée, debout. Cette vue frontale nous fait pénétrer dans sa matière même. L’observation attentive du naturaliste projette sur le support des formes qui alimentent la rêverie du poète : les creux et les reliefs des coquilles fermées évoquent des îles ou des atolls, l’intérieur des coquilles ouvertes, des visages ou des oiseaux.

« Le pain restitue le feu qui l’a cuit. La pomme de terre rend au regard les ombres et les lumières de la terre[1]. » L’huître parle de l’iode et du sel, du sable et de la vase, des marées et des vents. Le dédale des rides et des accidents, des plissures et des sédimentations évoquent la lenteur du temps qui passe et l’opiniâtreté patiente des constructions de la nature. Isolée du reste du monde en son portrait, l’huître inerte et indifférente nous offre la vision étrange d’un temps suspendu.


[1] Henri Cueco, La Belle de Fontenay, Area, Paris, 1989.

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